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Tout jeu tout flamme

L’important dans le sport de haut-niveau, ce sont les histoires, les grandes, les petites, les vraies, celles que l’on fabrique. Quant aux valeurs du sport ! Il y a les sportifs du dimanche, entre potes, en solo. Pour se faire du bien au corps et à l’esprit. Le sport de haut-niveau n’a jamais tiré vers le haut. Comme la politique. Sur le Vieux-Port, on a pleuré Zidane, on a déploré Jul, on a dit qu’il tirait les JO vers le bas : bof… Il a tiré dans le tas.

Mais les histoires sont pléthore : de Philippidès à Wembanyama ou Marchand en passant par Jesse Owens et tout le peloton des sportifs plus ou moins anonymes.

Par exemple en 1922 : Christophe Granger dans Quinze minutes sur le ring, revient à l’époque où la France était considérée comme « la première armée du monde ». Le 24 septembre 1922, sur le ring du stade Buffalo flambant neuf, s’affrontent deux héros français de la Grande Guerre, Georges Carpentier, l’aviateur et Battling Ski, le canonnier. L’un est champion du monde, champion d’Europe et de France mi-lourds, l’autre est sûrement le meilleur poids moyen d’Europe. L’un est un « gentleman », l’autre une « brute ». L’un est « un ch’ti bien de chez nous », l’autre « un sénégalais des colonies bien à nous ». Le ring de boxe comble l’altérité. 4 temps, 4 angles pour bien comprendre un combat de 15 minutes. Comment 2 combattants montent sur un ring, comment se déroule le combat, comment pensent les boxeurs en boxant, comment comprendre ce que l’on voit. Les documents sont nombreux et divers : articles, livres, commission d’enquête pour des soupçons de tricherie, photos et film du combat. Christophe Granger l’analyse en historien d’aujourd’hui sous une forme inédite proche de la performance artistique. De ce moment, une fable, et sa morale, écrite dans l’Auto au lendemain de la défaite de Carpentier par le chansonnier Jean Bastia qui prophétise la fin de l’occident décadent face au tiers-monde.

Par exemple en 1924, il y a tout juste cent ans, Albert Londres mène l’enquête dans Le petit Parisien. Les cyclistes ne sont pas des surhommes, ce sont « les forçats de la route », condamnés à « la grande fatigue ». Quand les frères Pélissier s’évadent du Tour, il est là sur un zinc à recueillir leurs confidences sur les magouilles de la compétition et l’omniprésence du dopage.

Par exemple en 1952, Emil Zatopek triple médaillé d’or aux jeux d’Helsinki sur 5000 m, 10000 m et le Marathon. Jean Echenoz dans Courir ressuscite ses courses, son allure jusqu’à ce moment du Printemps de Prague où il s’engage contre les dirigeants tchécoslovaques et contre l’URSS. La course de trop qui le fera éboueur avant de revenir anéanti d’une humiliante autocritique et vivre malgré tout.

Par exemple le 10 septembre 1960 à 17h30. Dans deux heures, quinze minutes et seize secondes, Abebe Bikila va gagner le marathon olympique. En plus de battre le record du monde en terre italienne plus de vingt ans après la prise d'Addis-Abeba par Mussolini, le soldat éthiopien va courir les quarante-deux kilomètres et cent quatre-vingt-quinze mètres pieds nus. "Vaincre à Rome, ce serait comme vaincre mille fois", avait dit Hailé Sélassié. Sylvain Coher confirme et rappelle indirectement la prophétie du Négus et de Jean Bastia, le temps d’un livre écrit au rythme d’un Marathon.

Par exemple en 1976 à Montréal, une gymnaste roumaine de 14 ans éblouit le monde et tous les adolescents tombent amoureux par les vertus de la mondovision et des chaines uniques. Dans La petite communiste qui ne souriait jamais, Lola Lafon rend hommage aux petites filles de l’été 76 et plus particulièrement à Nadia Comaneci, à ses failles et celles qu’elle ouvrit : du panneau électrique de Montréal à l’Amérique des Bush.

En attendant les JO, lisez notre sélection et entretenez la flamme avec Coca-Cola ! Si la potion magique du chaudron veut bien s’enflammer…